Ma douce, écoute,
rêvons d'une route
vers un pays loin d'ici,
y vivre à deux,
sous des cieux brumeux,
aimer jusqu'à l'oubli.
Le soleil voilé
d'un ciel délavé
ressemble à ton doux regard,
brillant et trompeur,
noyé de langueur,
luisant à travers le brouillard.
Là-bas tout est calme et clarté,
douceur, lumière et beauté.
Des bois anciens,
lustrés par le temps,
orneraient notre demeure ;
des fleurs en émoi
mêlant sous nos toits
leur parfum à l'ambre qui pleure,
les hauts plafonds d'or,
les glaces encor
gardant un éclat lointain,
tout y parlerait
au cœur en secret
sa langue d'un doux matin.
Là-bas tout est calme et clarté,
douceur, lumière et beauté.
Vois sur l'eau qui dort
les voiles encor
rêvant de courir le monde ;
c'est pour ton plaisir,
ton moindre désir,
qu'elles bravent l'onde profonde.
Le soir descendu
sur les champs perdus,
sur la ville et la rivière,
répand l'or et le feu ;
le monde, peu à peu,
s'endort dans la lumière.
Là-bas tout est calme et clarté,
douceur, lumière et beauté.